Le Glacier des Oulettes

Le Glacier des Oulettes

Le Glacier  (un grand merci à Pierre Rene)

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L’histoire du glacier des Oulettes est étroitement liée à celle du glacier du Petit Vignemale. En effet, comme le prouvent les moraines du Petit Age Glaciaire (période, située entre 1550 et 1850, favorable à l’accroissement glaciaire), ils n’en formaient qu’un seul autrefois. La carte d’état major de 1851 confirme cette configuration. À partir de la fin du XIXème siècle, deux glaciers s’individualisent. Ils reçoivent alors les noms de glaciers du Petit Vignemale à l’est et d’Oulettes à l’ouest.  Ce glacier cumule les superlatifs. Il est à la fois le plus bas en altitude (2280m pour son front), le plus crevassé, avec des cavités pouvant dépasser 30m de profondeur et parfois autant de largeur, le plus rapide de la chaîne enfin, puisque sa vitesse maximum est estimée entre 50 et 70m/an.

 Dans les Pyrénées, à 2400m (altitude moyenne du glacier), les températures ne sont pas suffisamment basses pour qu’un glacier puisse subsister. L’existence du glacier des Oulettes s’explique pour plusieurs raisons. D’une part, il bénéficie d’une exposition au nord et d’une puissante muraille protectrice, d’où un rayonnement solaire affaibli. D’autre part, cette vaste paroi qui l’abrite est également nourricière, car la neige qui s’y dépose s’accumule ensuite sur le glacier par le biais d’avalanches répétées tout au long de l’hiver. C’est pourquoi ce glacier de cirque est également un glacier dit « de suraccumulation » neigeuse.

  Comme son voisin au Petit Vignemale, le glacier des Oulettes est en voie de division. À partir du milieu de sa rive droite, il tend à se découper en deux. La zone active crevassée se cantonne en amont, tandis que la partie inférieure se compose de glace stagnante couverte de débris rocheux.

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Les variations de surface du glacier sont nettement marquées dans le terrain meuble en aval. Elles se traduisent par une succession de moraines frontales dont la construction eut lieu lors de périodes qui lui ont été climatiquement favorables. Des documents iconographiques et descriptifs ont permis de préciser l’âge de ces moraines. Ainsi, dans sa lente régression entamée vers 1850, le glacier des Oulettes a connu des temps de trêve dans les années 1890, 1920, 1945, 1980 et 1997. En un siècle et demi, sa superficie est passée d’une quarantaine d’hectares à 11. Actuellement ; cela signifie qu’il a subi une diminution de 70%. La fonte emble avoir été particulièrement soutenue entre 1850 et 1890, ainsi que depuis 1980.

 

 

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Grâce à ce point de vue légèrement de biais, la face nord, les glaciers et leurs moraines prennent davantage de relief. La photographie de Roland Bonaparte (posant debout) montre une langue qui relie encore les deux glaciers. En 1901 le prince fonda la Commission française des glaciers sous l’égide du Club alpin français. Il connaissait déjà bien les Pyrénées car il y avait réalisé plusieurs marques sur les rochers afin d’y matérialiser leurs limites. L’une d’entre elles est encore visible aujourd’hui : ce repère de 1892 est le plus ancien de la chaîne.